aseto

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mardi 8 décembre 2009

Le réflexe de Pavlov chez le chirurgien : ou la torture du bout de jambon

J'en suis désormais intimement convaincue, mon chef - chirurgien orthopédique de son état - est gastrectomisé. La gastrectomie, c'est cette opération de l'estomac qui vise à en diminuer considérablement la taille - ainsi la personne se sent très rapidement rassasiée, et mange donc très peu.

Eh bien mon chef, il ne mange PAS. Ja-mais. Donc soit il porte sous son pyjama de bloc une perfusion cachée qui lui apporte des nutriments en continu, soit il a subi une gastrectomie. (...ou alors il n'est pas humain ??) Bref... toujours est-il que moi, son interne, j'ai un parfois un peu de mal à tenir le rythme du 8h30 - 18h30 sans manger...

Et aujourd'hui, j'ai compris la torture qu'ont pu ressentir les fameux chiens d'Ivan Petrovich Pavlov quand il leur faisait entendre le son de la cloche mais que la nourriture ne suivait pas...

...Remise dans le contexte : il est environ 16h. Je n'ai pas mangé depuis la veille au soir. J'ai faim (bah oui, j'ai encore la totalité de mon estomac, moi !). On sort d'un bloc, et les infirmières me disent que je peux filer en salle de repos manger un truc avant l'intervention suivante. Au mot "manger", BIIIIIM : déclenchement du réflexe pavlovien : je commence à saliver. Mes yeux s'éclairent d'une lueur nouvelle, et mon esprit entier se dirige vers le morceau de jambon qui m'attend dans le frigo. Je sors donc la fameuse tranche, accompagnée d'une biscotte et d'un morceau de beurre (heu ouais, dans le frigo de la salle de bloc, on fait avec ce qu'on a, y'a pas trop le choix du menu...). Je m'apprête à me jeter dessus, le petit filet de salive découlinant déjà (oui, un chir qui a faim, c'est classe. Surtout un orthopédiste !)

Et là... mon portable sonne. "Allo Anaïs ? c'est le bloc ! le patient est en salle, on opère maintenant !"

nooooooooooooooooooooooooon

... pfffffftttt ! oublié, le jambon !

Conclusion : appel aux témoignages : vous avez été gastrectomisé ? on vous a posé un By pass ? un anneau gastrique ? comment avez vous vécu l'opération et ses suites ? Quelle opération conseillez vous ? Fumer coupe-t-il vraiment la sensation de faim ? Peut on associer tabac et gastrectomie ?

Les propositions sont lancées !

(... bon, d'accord, je me plains, je me plains, mais sur le fond, qu'on soit bien d'accord : je suis toujours aussi passionnée par ce que je fais, et pour rien au monde je ne reviendrai en arrière !)

(oh oui frappez moi encore ! j'aime souffrir !!)

(...hum...)

dimanche 15 novembre 2009

Bilan des 2 premières semaines...

Une blouse à mon nom. Dessus, il y a écrit "interne". ...ça a l'air réel.

Un courrier à mon nom. Dessus, il y a écrit "Docteur..." là aussi, ça a l'air réel.

Une infirmière qui m'appelle pour signer une ordonnance. "...mais... je peux pas, demande à l'int...... ah ben, c'est moi, en fait... heu..." Si j'en crois ma blouse et la lettre glissée dans la poche gauche, c'est moi, l'interne. Et c'est donc moi qui ait le droit, et le devoir, de signer cette fameuse ordonnance. J'ose à peine écrire sur ce papier, j'ai l'impression de frôler l'illégalité. Sauf que non. "Wouhouuu".

Donc voilà, la vie d'interne, c'est un changement radical. Je ne fais plus que l'activité que j'aime, la chirurgie. Chaque jour, je suis au bloc, habillée, et j'apprends mon futur métier. Métier épuisant, par contre ! La pression de toutes ces responsabilités nouvelles, associée à un rythme quelque peu surhumain pèsent sur mes paupières et creusent déjà de jour en jour mes cernes (heureusement, il y a les boutiques Body Shop !!)

Durant ce semestre, je vais avoir le rythme suivant : - bloc tous les jours, 8h30 - 18h environ, suivi par la visite du secteur (il est raisonnable d'espérer sortir vers 20h en moyenne) - par mois, 5 gardes aux urgences traumato, full night, mais avec repos compensateur le lendemain - et 5 astreintes bloc, où on ne bosse que s'il y a des choses à opérer (donc très variable selon les nuits), sans repos compensateur - dont 1 WE par mois ... ça me semble honnête ! (règles du jeu promptement réarrangées à ma manière après avoir goûté au programme annoncé au départ : 10 gardes traumato full night par mois sans repos compensateur. J'ai enchaîné la garde du 11 novembre avec la journée continue du 12 et une astreinte le 13, pour me rendre compte que c'était humainement impossible et qu'il fallait renégocier tout ça !)

Voilà voilà... et en dehors de la vie professionnelle, je suis logée à l'internat, et j'adore :) J'avais un peu peur de ce petit espace vital (18m²), qui aurait pu me donner l'impression de revivre dans mon logement de P1, mais ça ressemble plus à une grosse colloc avec une vingtaine de personnes (oui, j'ai dit GROSSE colloc') - avec salles communes de bouffe et détente, et ma chambre qui est au final bien douillette une fois décorée. Très bonne ambiance donc, avec sorties et soirées au programme, testage régulier des bars de la ville, cinémas, concerts, et tout le toutim. L'occasion au passage de tester la spécialité locale de Basse Normandie : l'Embuscade : citron, grenadine, calvas, vin blanc, et bière. (ben ... ça .... embusque ...!l)

... Y'a pas à dire, ça change de la vie d'externe !! (donc j'en profite pour encourage tous les externes, ceux que je connais et les autres : courage, le jeu en vaut la chandelle !)

dimanche 11 janvier 2009

Ah ces psychiatres...

Il y a résolument une sorte d'incompatibilité entre psychiatres et chirurgiens... L'anecdote se déroule vendredi après-midi, lors d'une conférence de psychiatrie à Stan Santé : Nous planchons sur un dossier de trouble bipolaire de type I révélé par un épisode maniaque, et un de mes collègues demande la différence entre "épisode maniaque" et "épisode hypomaniaque". Réponse de la psychiatre : "maniaque, c'est ce qu'il y a dans votre dossier, hypomaniaque c'est... votre chef de chirurgie qui arrive tout excité et tout énervé au staff le matin !!" .... ahhh d'accord, je vois mieux alors !!!

Aseto, fière d'être hypomaniaque !

vendredi 26 septembre 2008

Et maintenant... c'est parti pour la D4 !

Me voici enfin arrivée dans cette fameuse année du concours de l'ECN : dates et lieu officiellement parus : 3, 4 et 5 juin 2009 à Strabourg. (et pour ce faire, je viens de booker un hôtel caaaaaanon pour passer mon concours dans les meilleures conditions possibles !)

Je suis rentrée d'Australie plus motivée que jamais pour cette année, et déterminée à tout faire pour réussir le mieux possible. Je lancerai "mon compte à rebours" officiel le 3 octobre, histoire de me lancer dans 8 mois de boulot intensif avant de pouvoir - je l'espère - fêter mon poste d'interne de chir ! (.... ce qui me permet au passage de fêter mon anniversaire avant de me lancer corps et âme dans la préparation ECN lool)

Et à plus court terme, nos répartitions de stage pour les 3 premiers mois de la D4 ont eu lieu hier : j'ai eu une place en.............. NEUROCHIRURGIE ! Trop contente :-) J'attends énormément de ce stage, je suis sure que je vais adorer. J'ai rencontré mon nouveau chef hier après-midi, a priori il a l'air d'être quelqu'un de trèès sympa et très abordable. (par contre, pour accéder au bureau du chef de service de neurochir, c'est un véritable parcours du combattant !! Il m'a fallu une demi heure pour qu'on me laisse approcher son bureau : "môssieu, je me permets de vous déranger car il y a là une jeune externe qui veut se présenter..." - j'ai cru que je n'y arriverai jamais !) Mais j'ai finalement réussi alors... à moi les blocs de neurochir - de quoi me motiver encore plus pour mes chers bouquins... :p (et oui, au prochain stage, je prendrai de la médecine... pour en avoir fait un peu... quand même .... sur les conseils de mes chefs lol) En attendant, j'attaque en neurochir mercredi matin ! Comme j'ai hâte !

Voilà voilà pour les nouvelles de la blonde et de son neurone, doucement réadaptés à la vie Européenne (... pour mieux repartir un peu plus tard...)

Et au programme ce soir : nouveau spectacle de Gad Elmaleh !

jeudi 17 avril 2008

Mon premier congrès...

"ça, c'est fait" Première communication orale en "congrès", cet après midi :-)

J'ai passé la journée dans un monde parallèle, dans lequel je suis toujours actuellement - d'ailleurs.

Comme d'hab, une petite remise dans le contexte : zzzzzzzzzzzim (voyage dans le temps) : lundi 14 avril, 7h45, staff du service d'orthopédie pédiatrique (oui oui, je suis de retour en chirurgie pédiatrique... pour la 5° fois...). Je dors dans un coin de la salle (bah quoi, c'est tôt quand même, 7h45 !!) Tout à coup, mon chef de service parle de la "journée de chirurgie pédiatrique de la société de médecine de Nancy"; qui a lieu... jeudi. Et pour lequel il doit donner le programme à la faculté. Les internes et les chefs proposent leurs topos, le patron note. Je dors toujours dans mon coin. Et tout à coup, mon neurone détecte vaguement le son de... mon prénom. J'ouvre une paupière. puis deux. "Monsieur, étant donné qu'Anaïs est dans le service, je propose qu'elle présente notre étude sur le psoas" : c'est mon chef de SIR (stage d'initation à la recherche - mais si, vous savez, ce truc sur le psoas qui a duré un an et demi...) qui lance à la cantonnade cette idée. Accord du boss, qui me regarde : "titre ?" Ouhla Ouhla. Stop. Pause. On s'arrête deux secondes et on discute. De quoi ils parlent ? qu'est-ce qu'ils me veulent ? sujet de quoi ? L'interne de me demander : "tu as compris ce qu'on te demande ?" "heu... non..." "ah. je t'expliquerai." "bah... heu oui pourquoi pas.... " Pour le coup, là, j'étais réveillée. Au total, informations prises, il s'est avéré que ce qu'on me proposait, c'était de présenter une communication orale de 6 minutes au cours de cette après midi nancéenne de chirurgie pédiatrique, sur notre étude psoas - toxine botulique chez l'enfant IMC.

Donc depuis lundi... j'ai vécu psoas, j'ai mangé psoas, j'ai dormi psoas !

J'ai raconté mon topo à mon chef 4 fois, à mes amis une dizaine de fois, à ma baignoire, à mon écran d'ordinateur, à mon bol de café.... le topo final faisait 5 minutes 50, et je sais que ce matin, j'ai pris ma douche en 5 minutes 50 - que ce midi, j'ai mis 5 minutes 50 pour aller du service au self... Oui, je sais, je suis totalement barrée, comme nana... mais j'assume, c'est l'essentiel, non ? (... ou pas.... mdr) Bref... ce matin je me suis levée un peu dans un monde parallèle, en groooooooosse dette de sommeil et en énoooorme stress (bah oui, c'était qu'un tout petit petit congrès très "nancéo-nancéen"... mais du point de vue d'une externe... perso ça me semblait totalement démentiel) C'est donc pétrifiée que je me suis ramenée dans la salle des thèses 1 de la fac, tout aussi pétrifiée que je me suis assise sur les chaises en moquette en attendant mon tour (ouf j'étais en deuxième position !) - et totalement tétanisée que je me suis levée quand mon tour est venu (c'est fou ce qu'on peut stresser longtemps pour juste 10 minutes) Au total, il semblerait que j'ai réussi à masquer à peu près le fait que j'étais à deux doigts de l'attaque de panique, je ne me suis pas écroulée, je n'ai pas bafouillé (même quand j'ai eu à faire passer la phrase "le muscle psoas est un puissant fléchisseur du bassin à la marche chez le sujet spastique"), en gros , ça c'est plutôt bien passé. J'ai même terminé félicitée par mes boss, et ça, c'est énorme :) :)

Donc heu voilà... je capte pas trop ce qui vient de m'arriver là, mais ... c'était cool... Enfin comme dirait un autre de mes patrons : "ough... mes surrénales en ont pris un petit coup, là !" Mais c'que ça a du bon, cette adrénaline !

.... private joke pour psnono : "pssooooooaaaaaaaassssssssssss !"

vendredi 8 février 2008

Le botox, moi, ça me donne des cernes !

Quand je pense que des milliers de femmes pensent que le botox peut les rendre plus jolies... La toxine botulique a fait de mois un zombie caché derrière d'énormes cernes (mais un zombie content !)

Je m'explique : depuis un an et demi, nous travaillions avec deux collègues dans le cadre d'un "SIR" (comprendre Stage d'Initiation à la Recherche) sur une étude anatomique du muscle psoas. En deux mots, le but était d'étudier la morphologie et l'innervation précise du psoas afin de déterminer une voie d'abord efficace et sure d'injection de toxine botulique (eh oui, c'est là qu'intervient le botox !) chez les enfants infirmes moteurs cérébraux (car ils se trouvent en hyperflexion de cuisse, que le psoas joue là dessus, et que donc si on le paralyse par la toxine, on détend l'hyperflexion, et on facilite l'acquisition du schéma de marche chez ces gamins).

Bref. Tout ça, c'est bien gentil, ça sonne bien et tout. Sauf qu'en signant pour ce truc, on s'est engagées - sans réellement s'en rendre bien compte - dans un travail titanesque ! Des heures de dissection (han elle va où la petite branbranche ? oops, y'en a encore une là.... elle pénètre à combien de centimètres ?? gnnnnnniiiiannnn).

Une fois les dissections terminées (17 psoas), restait le mémoire à rédiger... Et une fois le mémoire rédigé, il fallait préparer la soutenance... et la passer.

Cette soutenance ayant eu lieu hier, j'ai juste passé une semaine de baaaaaaarge, et ce duo "psoas-botox" m'a occupé jours et nuits (jusqu'à 4 heures du mat'...) toute la semaine. Résultat : je me suis présentée à l'oral cachée derrière d'énooormes cernes ! - et tétanisée par le jury (pas des moitié de mandarines, les PU-PH qui nous évaluaient...)

Au final, j'entame ma présentation avec la voix tremblante - persuadée qu'on allait se faire matraquer parce que notre étude n'était pas assez bien, notre mémoire pas assez complet, ma présentation pas assez nette, notre conclusion trop prétentieuse... Je termine... "nous vous remercions de votre attention....". Fixe le jury. Tends le dos pour recevoir les coups de baton (ils vont nous laminer ils vont nous laminer ils vont nous laminer...) Silence (dans 3 secondes on est mortes...) Silence. Le chef de service de chir ortho pédiatrique qui prend la parole "éh bien... je vous félicite !"

"Gneu ? il a dit quoi, là ?" Je me dis que c'est le botox qui m'a tappé au cerveau, que j'ai déconnecté de la vie réelle, que je prends mes rêves pour des réalités.... Et en fait, non, il reprend la parole pour nous féliciter encore. Et les autres qui enchaînent derrière. Je ne m'en suis toujours pas remise ! mdr.... Apparemment ça leur a plu, c'est top trop bien et ils vont en faire quelque chose (... et moi qui croyais qu'ils liraient à peine le mémoire !)

Résultat des courses : mon chef veut faire publier notre étude, et veut nous emmener la présenter à la société anatomique de Paris :o :o :o L'hallu totale quoi.... !!!!!

Donc voilà.... la conclusion de cette histoire, c'est que les muscles psoas et la toxine botulique, ça me réussit plutôt bien mais..... ça me colle des cernes !!!! ;)

samedi 9 juin 2007

Mon premier congrès

Un grand jour ! Cette semaine se déroulait le 2° symposium de chirurgie de la main à Toul sur la reconstruction du pouce : et j'y étais ! :D Je ne m'en suis encore pas remise ! haaaaluuuciiiinant.

Voilà plusieurs mois que l'équipe Touloise préparait ce symposium, et donc plusieurs mois que je bavais devant les affiches en rêvant d'y assister. Et puis mercredi, j'étais au bloc en chirurgie de la main, et là, au milieu d'une discussion, mon interne qui me sort "et demain, tu fais quoi ?" "bah rien" "ça te dirait d'assister au symposium ?" ":o ?" Et voilà comment, après en avoir discuté avec mon chef, je me suis retrouvée au congrès pour une journée... : que du bonheur !

Merci merci merci à toute l'équipe de Toul :D

jeudi 17 mai 2007

Projet : l'Australie...

Après les UCP, Rabat, Maroc, mon prochain projet de stage à l'étranger est le suivant : Chirurgie de la Main, Sydney, Australie.

Echéance programmée : été 2008. Bon... j'ai encore le temps, mais tout commence à se mettre doucement en place : j'en ai discuté avec mes chefs de Chirurgie de la Main à Nancy, qui ont tous accepté de m'aider (ils sont vraiment trop sympas : merci merci merci !). A l'heure actuelle, j'ai donc une ville : Sydney ; un nom : Pr Tonkin, chirugien de la main de l'enfant (mon rêve !!), ; et une promesse de lettre de recommandations du Pr Dautel. Déjà un bon début à plus d'un an de la date de départ... maintenant "y'apuka" écrire la lettre de motivation (english powaaa...) et envoyer tout ça, à la rentrée prochaine je pense.

En tout cas, si certains parmi vous connaissent l'Australie, ont des conseils à me donner : je suis preneuse !! ;)

mardi 27 mars 2007

27 mars 2007... un grand jour !

27 Mars 2007....

Ah il y a des matins où on fait bien de se lever...

Que s'est-il donc passé de si exceptionnel ce très fameux et très inoubliable 27 mars 2007 ? .... ma "Première opération" !! :d :d

Remise dans le contexte : voilà maintenant 3 mois que je suis en chirurgie plastique et reconstructive de l'appareil locomoteur, Dommartin-les-Toul. Ce qui signifie que c'est ma dernière semaine dans ce service avant le changement. Instant Nostalgie... c'est vrai que je n'ai aucune envie de quitter le service. Une excellente ambiance, un service où nous avons un vrai rôle, où nous sommes réellement considérés, où on peut s'investir à fond et apprendre des montagnes de choses... et de gestes.

Donc... Journée qui commence par la traditionnelle évaluation de fin de stage avec le boss, qui se déroule très bien, donc plutôt bon départ. Ensuite je me dirige vers le bloc où je suis en salle avec un de mes chefs de clinique. Le programme ? 3° et 4° doigts à ressaut. Typique à Toul, en 3 mois j'en ai vu beaucoup. Donc mon chef de clinique qui ouvre la peau, jusqu'à visualiser la poulie A1, normal... et là.... là.... le moment magique : "tiens". "hum ? "tiens" bon il doit parler des écarteurs". J'attrape un écarteur qu'il tient en main. "non... tiens !" "huhuuumm ? mais "tiens" quoi ?" C'est là que je me rends compte que l'objet qu'il me tend, c'est LE scalpel... "tiens, prends le bistoutou". Ôh Grand Dieu des Externes, réveille moi, je suis au milieu d'un rêve, en fait j'ai surement zappé mon réveil ce matin et me voici qui plane et qui..... "tiens". Ah ben en fait, ça semble réel.

En quelques secondes, je me suis retrouvée en train de sectionner la fameuse poulie A1 qui causait tant de soucis à notre patient. :o Une fois ma poulie coupée, le chirurgien qui me regarde et sort tout calmement, comme s'il parlait du beau temps : "bon ben voilà, t'as fait un doigt à ressaut".

(... se retenir pour ne pas sauter de joie... ne pas sauter de joie.... ne pas hurler un énoooorme MERCI ...ma casaque doit rester stérile... je ne dois pas faire de bonds dans un bloc... voyons Anaïs.... on ne fait pas de bonds dans un bloc !!...)

27 mars 2007.... et j'ai "fait un doigt à ressaut". Un petit geste dans un vrai bloc avec un vrai "bistoutou", mieux que mon tendon sur l'amput à la fin de ma dernière garde, un vrai geste sur une vraie main... il n'y a guère de choses à mon niveau qui auraient pu me faire plus plaisir que ça : Un grand jour !

(nb : .... oui, je suis décidemment et définitivement "bizarre et folle", et j'assume toujours....)

Votre dévouée, bizarre, folle, insolente et caustique, Aseto.

:D

dimanche 25 février 2007

Ma première garde en chir de la main

Et oui, enfin j'ai connu ce bonheur de passer la nuit (enfin.. une partie de la nuit), dans la très fameuse "chambre 13 - externe de garde", à côté de la morgue de l'hôpital Jeanne d'Arc à Toul.

Nous sommes le 22 février, je viens de terminer mes examens (ahh la neuro le 21 février et sa sclérose latérale amyotrophique... ça se passe de commentaire). Et je vais fêter la fin de mes exams : en garde !

17h30, je prends donc possession des clefs de la fameuse chambre de garde... 18h15 j'attaque ma garde : s'enchaînent alors au bloc des fractures, des plaies cutanées, des lésions tendineuses... Je tire des écarteurs (heu pardon : "écarter c'est soulever" alors : je soulève avec mes écarteurs), je fais quelques points (ah ça y'a pas à dire, j'aime !). Puis vers 22 ou 23h, les urgences me bipent (la classe le bip... "ôhôhôh, on me bipe !". Le temps de 5 secondes, je me prends pour le Dr Carter dans "Urgences" mdr). Bon, baooouum, retour à la réalité : "c'est pour quoi ?" "Une main oedématiée". "Une quoi ? ah... cool... ben j'arrive". "chef, y'a une "main oedématiée", vais voir...."

J'arrive dans au Sas, et là l'infirmière me prévient que attention, vraiment, c'est vraiment mais alors vraiment terrible. Sa main elle est vraiment mais alors vraiment grosse."

En moins de 2 me voici dans le box où je trouve un monsieur avec une effectivement énooooorme main gauche. "ah oui, quand même...." "Nan mais c'est pas pour celle-là que je viens... c'est la droite".

:o oups... mais que va-t-il donc me montrer de pire, au bout de son bras droit ??? Là surgit du fond d'un survêtement une ENORME main. (mais vraiment mais alors vraiment énorme). Le tableau ? Syndrome des grosses mains, que ça s'appelle, retrouvé chez les (anciens) toxicos. (vous imaginez une main d'éléphant ? greffez là sur un homme et vous avez notre tableau).

J'apprends ensuite que notre patient est déjà venu dans le service, et qui dit "déjà venu" dit "a déjà un dossier aux archives" dit "externe va chercher le dossier aux archives".

... les Archives. ... à presque Minuit. .... seule dans le grand et glauque hôpital de Toul.

Je me lance. Je traverse tous ces dédales de couloirs sombres. J'arrive devant la porte des Archives. Je l'ouvre. Je laisse la clé dessus (je serai plus vite repartie ainsi). Et je pénètre dans la salle à al recherche de mon dossier. Mais là......le plus ancien dossier que je trouve remonte à 2003... et le mien date de 2001. Alors je m'enfonce plus loin, je fouine, je peste, je cherche, je râle en mon fort intérieur..... Et là.... et là..... des bruits de pas. De terribles bruits de pas. L'angoissse.... le service de psy est à côté. D'atroces légendes trainent dans les couloirs de la fac à propos de cet hosto la nuit. Et me voici seule perdue au milieu des archives avec.... quelqu'un. Et les clés....... merde les clés ! elles sont sur la porte... je dois être enfermée maintenant.... (et oui, vous l'aurez compris, la blonde fatiguée se fait beaucoup de films... mais là avouez que la situation s'y prète plutôt bien !!). Bon. alors qui est le propriétaire de ces pas qui m'angoissent tant ? En moins de 2 secondes je me retrouve face à un grand bonhomme en noir, baraqué comme tout... et flippant comme tout (oupppssss.....) "vous cherchez quelque chose ?" "heu... un dossier..." (tiens étrange dans les Archives je ne vois pas ce que je pourrai chercher d'autre...) "bah cherchez alors". Et le type avance vers moi. (Là, c'est le moment où je hurle ou je hurle après ? bon.... j'attends encore un peu). Je me rue vers la sortie, et au passage.... je m'aperçois que je guguss porte à la ceinture un talkie. C'est un mec de la Sécu. ... Là, c'est le moment de l'histoire où j'ai vraiment eu l'air idiot. (mais avouez quand même que le gars aurait pu me dire qui il était : il avait vu que je flippais !!)

Donc voici, ceci était le récit d'un (excellent) film d'épouvante de et avec Aseto, "panique au milieu des Archives". :p - PTDR.

Une fois l'épisode passé, je rejoins mon interne tachycarde à 130, pâle comme tout, trempée de sueur... et sans dossier. et puis nous nous retrouvons au bloc pour opérer le fameux patient : dur dur.... L'anatomie de la main revue et corrigée version éléphantman de la main. Spécial, comme expérience.

A 2h15 environ, fin des urgences... mon chef repart, mon interne va se coucher mais... ôh j'ai un staff à préparer ! et hop ! un bout de fromage pour me motiver (oui oui, il est 2h et demie du matin... et alors ?), un ordinateur, une feuille un crayon... et c'est parti ! "madame machin... canal carpien... dodoooo"....

C'est vers 4h du matin que le Dieu des Externes me permet d'aller me reposer dans la fameuse chambre 13, "Externe de Garde", entre la morgue et... les archives. (les fameuses). ça vous étonne si je vous dit que j'ai mal dormi ?? mdr

6h30 : biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip biiiiiiiiiiiiiiip. Gneu ? BIIIIIIIIIIIIIIIPPPP !!

Ok ok... je me lève... je troque un pyjama vert contre... un autre pyjama vert. et je suis (presque) opérationnelle pour mon staff et.... pour enchaîner sur le programme du matin ! (le premier qui parle de repos compensateur je le dépèce et je le jette dans un bain de sel).

J'assiste donc à une série de canaux carpiens, arthroscopie, arthrodèse, ligamentoplastie, rhizarthrose du pouce, exérèse de carcinome spino-cellulaire... et là, au cours de cette opération (nous sommes déjà à 15h de l'aprèm), mon chef commence l'opération... et tout à coup....... il me tend un bistouri : "c'est toi qui va couper le tendon". (ouhla non ça y est je me suis endormie dans un coin de l'hosto et je suis en train de rêver... réveille toi ma grande....) "gneu ? moi ?" "bah oui." ôh mon dieu je ne rêve pas..... En moins de 2 je me suis retrouvée avec un bistoutou en main, à couper un tendon. 30 secondes de bonheur total (oui oui je suis une psychopathe je sais je sais... mais enfin pour une folle de chir... on n'aurait pu me faire plus plaisir.). Envolée la fatigue, envolé le stress, envolé le film d'épouvante...

Un garde qui se termine donc sur un bouquet final... exceptionnel !

Et une vocation qui ne fait que se renforcer de jour en jour. Oui, je serai "une bonne femme chirurgien. heu... une femme bon chirurgien... heu enfin... une femme chirurgien quoi..." Et j'en suis ravie.

lundi 22 janvier 2007

Mon stage en chirurgie viscérale infantile - Nancy

Premier stage "officiel" d'externe : ça y est, désormais moi aussi j'ai le droit au titre de : "l'Externe !" Et ce nouveau pas dans ma vie, je le franchis en chirurgie viscérale infantile, service du Pr Schmitt, hôpital d'enfants, Nancy.

Eh oui, quand on aime, on ne compte pas, et décidément la chirurgie pédiatrique, c'est juste... mon truc. Grâce à mon expérience à Rabat, et à mes passages répétés en "squatage" des blocs de l'HE côte orthopédie durant ma D1, je ne suis pas trop perdue. Là encore, l'activité est séparée en différents aspects :

-la consultation : On assiste à la consult des chirs, et parfois on peut commencer la consult seul (anamnèse, revue du dossier, examen clinique.... trèèès formateur j'adooore). (et le jeudi, c'est la consult du grand patron ! alors attention blouses blanches en ligne et au garde à vous !)

- le secteur : Bon là l'externe ne sert à vrai dire à.... pas grand chose. Mais bon c'est l'occasion de prendre son temps, de faire de bons examens cliniques, de passer du temps avec les minots, ....

- la contre-visite : Suivre la visite d'un des chirs dans le secteur, faire les entrées du matin... un peu comme le secteur en fait, mais l'après-midi.

- le BLOC !! ; eh oui, parce que qui dit stage de chirurgie dit.... BLOC ! Enfin, le vrai, le seul, l'unique... ce milieu si particulier.... le bloc. Bon pour avoir le droit de s'habiller, il faut s'accrocher par contre.. alors pour avoir le droit de faire un geste... wouhou ! mais ceci-dit, les pathologies sont très variées, c'est passionnant (hé oui, la douleur abdo de la fosse iliaque droite ne se limite pas à l'appendicite... qui l'eut cru ??) Et puis après 2 mois de "tiens les écarteurs et tires pas trop fort. PAS TROP FORT !" arrive un jour, enfin un soir... un urgence... une app ... un bloc.... et mon chir qui me laisse faire les points ! ahhhh voilà qui me manquait. ça fait plaisir !! vive les noeuds, des petits noeuds, toujours des petits noeuds ! (des noeuds de première classe ! :p) ;)

- la réa : dernier aspect du stage, quelques semaines en réanimation chirurgicale pédiatrique : l'occasion de découvrir ce qui se passe après (et parfois avant) le bloc : un côté totalement différent, mais tout aussi passionnant (et les réa sont très sympas).

Bilan : un très bon stage, que je ne pouvais qu'adorer... c'est le coeur lourd que je l'ai quitté, mais... ce n'est que pour mieux y revenir ;) et puis désormais je suis en chir de la main, et ça aussi, c'est géniiial !

Mon stage aux UCP - Rabat

Mon stage au Maroc - copie de mon article sur REMEDE.org



[Article rédigé par Aseto Mis en ligne le 12 septembre 2006 Le récit de mon stage d’un mois aux Urgences Chirurgicales Pédiatriques de l’Hôpital d’Enfants de Rabat, été 2006, DCEM1]

Comment tout a commencé : Un jour de janvier 2006 : Soirée Galette des Rois au labo d’anat de la fac pour les moniteurs P1, en présence de Mr Roland, ancien doyen. On boit du champagne, on mange la galette, on papote et... on en vient à parler des stages à l’étranger. Depuis le début de l’année me trotte dans la tête un vague projet de stage au Maroc que je compte faire un jour, peut-être, au cours de mon externat... ou pas... ou si.... je ne sais pas trop. « Mais... pourquoi attendre ? Pars donc cette année... ! » Et voilà, avec un embryon de projet, un coup de pouce du Pr Roland et un brin de folie, comment je me suis retrouvée à Rabat :

14 juillet 2006 : C’est le jour J. Je m’envole pour la capitale du Maroc. Je ne sais pas dans quel service je suis affectée (j’ai demandé la chirurgie...) et je ne sais pas où je vais loger (enfin je suis hebergée 4 jours et après...... ??). Pas grave, je me lance vers l’inconnu et quelque part j’aime ça. Bon... il est 17h, j’ai posé le pied sur le sol marocain : bonne nouvelle, j’aurai au moins le beau temps. Comme vous l’avez sans doute remarqué, nous sommes le 14 juillet, fête nationale. Me voici donc débarquée avec mon passeport tout frais à l’ambassade de France pour une soirée open champagne aux frais de l’ambassadeur... héhé le séjour commence bien ! Mdr ;)

15 juillet 2006 : Je suis dévorée par la curiosité. Que vais-je donc découvrir à l’hôpital ?? Je m’arme donc de mon petit plan tout neuf, chausse mes baskets et pars en repérage. Et là, c’est le drame. Les locaux semblent miteux, personne ne parle français, je me sens paumée et je me demande ce que je fais là !

17 juillet 2006 : j’ai retrouvé mon optimisme et ça tombe bien : c’est aujourd’hui le grand jour de mon tout premier stage officiel, mon premier jour d’externat en quelque sorte... C’est ravie mais un peu angoissée que je me retrouve dans le bureau du secrétaire général de la fac, avec le responsable du département chirurgie, qui m’apprend que je suis affectée à l’hôpital militaire, hôpital perdu à Perpètes-les-oies en périphérie de la ville. Hum... pas génial. Mais - ô quel dommage....- ils n’arrivent pas à joindre le chef de service, et après rapide négociation je me retrouve aux Urgences Chirurgicales Pédiatriques (UCP) : ça, ça me plait ! Cette fois je suis totalement réjouie.

J’enfile ma blouse presque neuve, mon stétho qui l’est tout autant, et me lance dans le monde réel. Je suis vite mise au parfum : ici, la Bétadine est une denrée rare, la Xilo est un don du ciel encore plus rare, en salle de consult on peut jouer à chercher les gants, et dans le service d’hospit... les malades se mêlent joyeusement.... aux chats. ( !!) MAIS, toute l’équipe a l’air adorable et je m’intègre très vite. Mes co-externes me guident merveilleusement bien (merci Karim !), les internes et résidents sont formidables, (merci Meriem !) ainsi que le chef, et l’un des chirs a été formé.... à Nancy (héhé comme quoi le monde est petit... et tout de suite, ça crée des liens !!).

voilà donc comment tout a commencé...... Vous voulez un peu plus de détails ? Lisez la suite ! ;)

Mon stage : les UCP ? Kessako ? Le service des UCP est, comme tout service de chir, divisé en 3 pôles :

la consultation : c’est là que sont accueillies les urgences, à toute heure du jour ou de la nuit, celles-ci étant bien entendues plus ou moins urgentes... et plus ou moins chirurgicales ! De là, les patients sont soit orientés vers les urgences médicales, soit vers la radio (memo : pour demander une radio, ne comptez pas sur le téléphone : déplacez-vous jusqu’au service de radio, à l’autre bout de l’hôpital, et insistez auprès des radiologues sur la gravité et l’urgence du cas en question.......), soit vers les salles de plâtre ou de sutures, soit hospitalisés pour prise en charge chirurgicale :

le « secteur » : les hospitalisations : ici, pas beaucoup de changements par rapport à ce qu’on voit en France, hormi que les lits sont un peu les uns sur les autres, et bien entendu si on ne prend pas en compte... les chats !

Le bloc : L’avantage de ce service, c’est qu’accueillant toutes les urgences, on y fait de tout : néonatologie chirurgicale, orthopédie, chirurgie viscérale... les chirurgiens sont polyvalents à l’extrème, et on voit de TOUT. Après quelques jours en observatrice, j’ai pu m’habiller en stérile et faire office d’aide-op (et je peux vous dire que je ne suis pas prête d’oublier la première aide-op en stérile de ma vie... y’a pas à dire, la chirurgie, c’est vraiment mon rêve !!). Ainsi j’ai pu assister à des opérations nombreuses et variées, allant de la dérivation ventrico-péritonéale d’hydrocéphalie (très fréquente au Maroc vu le manque de suivi des grossesses), aux réductions de fractures de tout type, en passant par les occlusions intestinales (dont un cas rarissime de dédoublement caeco-appendiculaire : passionnant !!)...

voilà donc comment j’ai appris à faire mes premiers points de chirurgie, mes premiers plâtres, mes premiers pansements de brûlé, ma première anesthésie locale, mes premières aide-op, mes premiers débuts de consultation (et en arabe, s’il vous plait ! as salam allekoum, chnou mouchké ? ;) - bon ok j'avais un peu de mal...),etc etc... et mes premières gardes de nuit ! (j’adoooore l’hôpital la nuit). En résumé, un excellent service, un stage très formateur, et des gens formidables, qui avec très peu de moyens.... font des merveilles.

... Mais à part le stage ?

Petit topo rapide, car mon séjour ne s’est pas limité à mes horaires hospitaliers (8h - 16h en continu (ahhh l’appel du ventre à 16h...... j’aiiiiii fffaaaiiiimm !!) ) Tout d’abord... l’hospitalité marocaine, ce n’est pas un vain mot !! La petite Aseto qui partait sans logement et sans savoir où elle allait tomber s’est retrouvée en moins de 2 traitée comme la 6° fille d’une famille marocaine, m’ayant accueillie à bras ouverts, sans même me connaître. Souvenirs ensoleillés donc de cette famille chaleureuse et fort sympathique (maintenant, j’ai une famille au Maroc ;) ), de repas typiques (ahh la pastilla...), de soirées animées (alors si vous avez l’occasion d’assister à un mariage marocain : foncez !! rien n’a sa pareille : régal des papilles et surtout des yeux, c’est l’expérience à ne pas manquer). MERCI à Mr Belkouchi, Badra, Fatima-Zahra, Bedia, Lina, et Youness !

Ensuite, Rabat et le Maroc, ciiii bôôôôôôô ! Entre la Médina, les Oudaya, la Tour Hassan, le Mausolée Mohammed V, et la plage, j’avais de quoi occuper mes après-midi. Et quand les heures de repos n’étaient pas culturelles, elles étaient tout aussi agréables, entre amis, piscines and co... :P Cf les photos ! ;-)

En conclusion... Expérience inoubliable, à tous points de vue, tant sur le plan médical donc, par les connaissances théoriques et pratiques acquises, que sur le plan humain et relationnel (ce stage a bouleversé ma vision des choses et de la médecine, et j’ai reçu là-bas des leçons que je ne suis guère prête d’oublier). Face pour la première fois à la vie hospitalière, face pour la première fois à la frayeur (j’ai quand même failli me faire assassiner au coin d’une rue par un voleur de portable... :o ), face à beaucoup de détresse, peu de moyens, mais tant de sympathie, tant d’humanité et tant de bonne volonté, j’ai appris énormément et je garde le Maroc et mes amis marocains dans mon coeur, avec une montagne de souvenirs rayonnants.

Un mot ? F-O-R-M-I-D-A-B-L-E.

Record battu !

Eh oui, j'ai battu aujourd'hui mon record de temps passé au bloc sur une seule et même opération : 9h ! NEUF heures pour une transposition articulaire orteil-doigt (transfert de la métatarso-phalangienne du 2° orteil gauche à la place de la métacarpo-phalangienne de l'index de la main droite : hé oui, un joyeux mix de chirurgie reconstructrice de la main, et de chirurgie infantile. Epuisant,mais impressionnant et même totalement fascinant ! Opération en plusieurs temps et 2 sites : un site de prélèvement de la MP sur le pied et l'autre, bien entendu, sur la main. Le tout avec un double pontage pour assurer la revascularisation. Il n'y a pas à dire, la micro-chirurgie c'est..... micro !! Ouhlala le 10/0....