20 euros... le prix d'une garde d'externe... et même pas le prix d'une consultation chez un psy. Mais pourquoi donc ce parallèle ? ... Parce qu'après la garde que j'ai vécu dernièrement, j'aurais bien eu besoin dudit psy. Ouhla... de plus en plus louche... mais pourquoi donc ? J'ai vu en une nuit plus d'horreur que d'autres en un stage entier dans le même service, à savoir la maternité. En une seule garde, j'ai réussi à cumuler la césarienne chez une gamine de 16 ans pleurant à moitié sur son ventre, ventre duquel nous avons extirpé en urgence en bébé envoyé de suite en réa pédiatrique (à l'autre bout de la ville), après l'avoir à peine montré à la toute nouvelle maman - et par le même effet toute nouvelle adulte (enfin ... presque) ; ceci précédé par un drame dans le service avant que je n'arrive (ayant bien entendu bien déteint sur l'ambiance générale) ; le tout suivi par un accouchement par voie basse (là j'étais ravie à la base... voir naître un bébé... moment que j'attendais depuis longtemps et que je m'imaginais comme magique) - sauf que la magie du moment s'est trouvée bien entâchée... entâchée par une ambiance déplorable, et surtout entâchée par le père lui-même, qui a réussi à considérer le premier cri de son enfant (moment merveilleux et émouvant s'il en est !!) comme "insupportable". (.... et moi à côté qui devait me retenir de me jeter à la gorge de ce père qui voyait sa fille comme une chose, et qui plus est une insupportable chose). Et le même genre d'évènement s'est répété toute la nuit.... on aurait dit que la misère et la bêtise humaines s'étaient données rendez-vous dans ce service ce soir-là. La bêtise, la misère, la mauvais foi, et tant d'autres. C'est vers 5 heures de matin que j'ai pu m'effondrer dans mon lit et retrouver les bras de Morphée dans un sommeil salvateur. .... pour être secouée vers 7h, sans un salut, sans un sourire, par un truc du style "hé l'externe, faut aller chercher les dossiers". Gneu ? "maintenant !". Ok... pas de douche, pas de petit déj, mais à la place une course effrenée à travers des dédales de la mat pour trouvers les-dits dossiers. Course parsemée par les agressions verbales de quelques infirmières et autres (bah oui, sinon, c'est pas drôle !).

Voilà... pour tout vous avouer, je suis sortie de cette garde épuisée et... en larmes. Je ne veux plus y retourner !!!! Alors bon... comprends pô car mes ami(e)s qui sont passés par ce service en sont tous sortis ravis. Alors... j'ai joué de malchance ? A croire... mais pourquoi faut-il toujours que je tombe sur les choses horribles ???

Ah et j'ai oublié le final : on termine en beauté par une prise de tête avec la secrétaire, qui m'affirme du haut de son bureau que puisque que je ne suis pas en mesure de lui fournir un RIB là, maintenant, tout de suite (vous vous promenez toujours avec un RIB sur vous, vous ?), je ne serai pas payée. 20 euros..... J'ai du négocier rude pour lui faire comprendre qu'envoyer le RIB par la poste était, si si, une possibilité... 20 euros... même pas le prix de la consultation chez un bon psy pour me remettre de cette garde !