"Désinvolte : Trop libre, léger jusqu'à l'insolence".

Voilà ce que dit le dictionnaire Hachette. Et voilà ce que mon chef a dit de moi. Enfin...ce que mon chef a traduit des propos d'une cadre inf à mon égard. Car oui, l'hôpital est une immense cour de récréation, où chacun joue à médire de l'autre et des autres. Le motif évoqué ? ... m'avoir "retrouvée, un jour, assise sur un bureau". J'imagine la scène : "monsieur, je dois vous parler d'une externe... oui oui, la blonde, là, elle... s'assoit sur les tables, c'est une honte". "Le crime" s'étant déroulé au sein d'un bureau dans lequel il n'y avait en tout et pour tout que deux chaises, toujours occupées - peut-être aurais-je du rédiger mes observations debout ? mais j'avoue, ôh je me repends, pauvre pêcheresse, je me suis assise sur une table. Promis, désormais chaque soir, je me flagellerai.

Pendant une période de ma vie des plus difficiles, au cours de laquelle j'aurais pu me mettre en arrêt pour dépression, j'ai ravalé mes larmes chaque matin pour aller en stage, j'ai agi du mieux que je pouvais. J'ai pris sur moi et fait tous les efforts possibles. Tout ça pour entendre que je suis désinvolte.

A côté de cette attitude honteuse que fut la mienne (oui oui, je me flagellerai, c'est bon, je l'ai dit déjà...), il m'est arrivé d'entendre des infirmières raconter par le menu leur vie sexuelle, ou faire l'éloge de l'infidélité au sein d'un couple marié (le tout bien entendu pendant les horaires de travail, en tenue, dans le service, la porte du bureau ouverte, et les enfants passant à proximité). Mais c'est vrai, pendant ce discours, elles étaient toutes debout, ou assises sur des tabourets. Hâ ! si j'avais su... la prochaine fois je parlerai de sexe, de drogue, d'alcool et de corruption, mais bien assise sur une chaise.

Alors oui, je m'assois sur les bureaux comme sur les convenances. Mais ce soir, plus que désinvolte, je me sens révoltée.